On ne voit que ce qu’on éclaire | Récits des profondeurs
Le froid, l’humidité, la boue, les crues… Le milieu souterrain est un terrain hostile, peu engageant. Pourtant, en France, en 2025, 8000 licenciés se retrouvent autour de la passion pour la spéléologie. À travers neuf témoignages, ce documentaire sonore explore la fascination des spéléologues pour les profondeurs de la terre. Tous racontent la même quête, celle d’un dialogue avec la terre, l’invisible et l’inaccessible.
Dans les profondeurs de la terre, la lumière n’atteint que ce qu’on choisit d’éclairer. Le silence est si dense qu’on entend le rythme de son propre cœur, chaque inspiration vous rappelle que vous êtes vivant. La froideur de l’ombre est un frisson de vie. Sous terre, on ne voit que ce qu’on éclaire – et pourtant, c’est là que certains semblent avoir trouvé leur havre de paix.
Là, où la lampe s’allume pour la première fois sur l’inconnu, le corps hésite. Mais le spéléologue répond toujours à l’appel des profondeurs. Dans la spéléologie, l y a cette étrange fidélité à l’obscurité, ce vertige, cette attraction vers un monde que l’on connaît si peu. Pourquoi revenir, encore et encore, quand la surface, si douce, semble nous appeler ? Parce qu’ici, dans l’abîme, se cache une vérité nue : on n’est jamais aussi présent qu’au moment où l’on se mesure à ce qui nous dépasse. Et, au fil du temps, l’exploration se meut en rencontre. Ce n’est plus la conquête, mais le dialogue. La roche, l’eau qui a creusé son chemin pendant des millénaires, ces galeries qui n’attendent personne, mais qui, par un étrange jeu du destin, existent, bien loin des regards.
« On ne voit que ce qu’on éclaire | Récits des profondeurs » est un documentaire sonore mettant en lumière neuf voix, neuf manières de dire son amour inconditionnel pour les profondeurs de la terre, où les faux-semblants n’existent pas. Là, on découvre que la peur n’est pas l’ennemi, mais la complice de chaque avancée. Que la beauté ne se trouve pas toujours là où on l’attend, et que l’aventure n’est pas toujours celle d’une cavité inconnue, mais celle, plus intime, de se découvrir soi-même à la lumière vacillante d’une frontale. Il n’y a pas de héros ici. Juste des femmes et des hommes qui, un jour, ont choisi de descendre – et qui, depuis, explorent, les yeux emplis d’émerveillement et les bottes couvertes de boue.
La genèse du projet : le Camp Berger 2025
Chaque été depuis 2012 dans le Vercors, des passionnés du monde entier se retrouvent pour descendre dans les entrailles de la Terre, et atteindre la profondeur mythique des – 1000 mètres de profondeur. Pour dépolluer, d’abord, et remonter à la surface les déchets des expéditions qui ont eu cours depuis 1953. Et puis aussi pour se confronter aux pionniers qui ont mené des explorations mythiques et vivre les sensations d’une première.
En filigrane d’une descente au fond du Gouffre Berger, il s’agit de laisser entendre l’entraide, l’amitié profonde, le soucis de préserver les milieux, la beauté de espaces souterrains mais aussi la liberté et la déconnexion qui sont les valeurs griffonnés en toile de fond d’un sport de montagne peu connu.
Réalisation & Co
Réalisation, écriture, musiques, créations sonores : P. Pinson Hardi
Prises de sons additionnelles / descente au Berger : Sevan Retif
Sound design des paysages sonores de grottes : P. Pinson Hardi, Louis Hoos-Cauvin
